Axe 1. Comment se construisent les capacités scientifiques ?
Cet axe étudie la manière dont se construisent, se transmettent et s’accumulent les capacités scientifiques dans des environnements académiques inégalement dotés.
Il articule plusieurs niveaux d’analyse complémentaires :
- une approche micro, centrée sur les conditions de travail, les parcours individuels, les mobilités et les tâches effectivement réalisées dans la production scientifique ;
- une approche méso, consacrée aux universités et aux organisations scientifiques comme lieux d’accumulation, de stabilisation ou de fragilisation des capacités de recherche ;
- à terme, une approche macro, qui permettra d’étudier plus directement les systèmes nationaux de recherche, leurs financements, leurs infrastructures et leur insertion dans l’espace scientifique international.
Approche micro : parcours, conditions de travail et division du travail scientifique
L’approche micro analyse la construction des capacités scientifiques à partir des expériences individuelles, des trajectoires de formation et des activités concrètes qui rendent possible la production des connaissances.
Elle rassemble trois études complémentaires : l’enquête DWISE sur les conditions de réalisation du doctorat, l’analyse des trajectoires académiques de docteur.es en économie et l’enquête sur la production des données scientifiques à Madagascar.
Plusieurs de ces recherches sont développées dans le cadre du Groupe de travail sur les disparités et inégalités doctorales (GTDID). Présenté sur la page d’accueil de CREONS, ce collectif constitue un espace de travail transversal à plusieurs axes du programme. Il contribue à articuler l’étude des parcours doctoraux individuels, des environnements institutionnels et des inégalités qui structurent leur production scientifique.
Approche méso : trajectoires et capacités institutionnelles
L’approche méso étudie la construction des capacités scientifiques à l’échelle des organisations. Elle considère les universités comme des lieux d’accumulation de ressources, de compétences, de collaborations et de capital scientifique.
Perspective macro : vers une analyse des systèmes scientifiques
À ce stade, CREONS ne développe pas encore une étude macro autonome. Les indicateurs nationaux ou macroéconomiques mobilisés dans l’analyse des trajectoires institutionnelles servent principalement à caractériser l’environnement dans lequel évoluent les universités.
Une future approche macro pourrait porter plus directement sur :
- les systèmes nationaux de financement de la recherche ;
- les investissements publics dans l’enseignement supérieur et la science ;
- la distribution territoriale des infrastructures scientifiques ;
- les politiques nationales de formation et de recrutement ;
- les mobilités scientifiques internationales ;
- les relations entre capacités nationales, dépendances extérieures et production scientifique ;
- la position des pays dans les réseaux mondiaux de collaboration et de circulation des connaissances.